articleIcon-icon

Article

7 min read

France : ce que révèle le Deel Global Hiring Report 2026

Embauche à l'international

Image

Auteur

L'équipe Deel

Dernière mise à jour

31 mars, 2026

Deel State of Global Hiring Report 2026: Professional working with global data visualizations and talent trends.
Table of Contents

1. La France attire — bien plus vite qu'on ne le pense

2. Paris reste un aimant — mais la géographie du travail se reconfigure

3. Les start-up les mieux financées recrutent en France — mais pas pour les raisons qu'on croit

4. Les métiers en croissance : un signal fort pour anticiper les pénuries

5. Le contrat freelance, nouvel outil de flexibilité — et de conformité

Ce que ces données ne disent pas encore

Points clés à retenir :

  1. Les embauches de talents français ont bondi de près de 92 % entre 2024 et 2025, faisant de la France l'un des viviers de compétences les plus dynamiques d'Europe.
  2. Les entreprises françaises recrutent désormais autant à l'étranger qu'en local — et l'Espagne, l'Allemagne et les États-Unis trustent le podium des pays sources.
  3. Paris attire toujours les travailleurs à distance, mais la vraie tension du marché se joue sur la conformité, les coûts salariaux et la guerre des profils tech.

Il y a encore quelques années, parler de la France comme d'un marché d'embauche international à fort potentiel aurait fait sourire plus d'un DRH. Trop de charges, trop de rigidité, trop de paperasse. Ce discours existe encore — mais les données, elles, racontent une autre histoire.

Le Deel Global Hiring Report 2026, construit à partir de l'analyse de plus d'un million de contrats actifs dans plus de 150 pays et auprès de 37 000 entreprises, dresse un tableau du marché du travail français qui mérite qu'on s'y attarde sérieusement. Pas pour rassurer, mais parce que les chiffres posent des questions que les directions RH et financières ne peuvent plus se permettre d'ignorer.

Ce qui suit n'est pas un résumé exhaustif du rapport. C'est une lecture ciblée des données les plus pertinentes pour les entreprises qui recrutent en France, depuis la France, ou qui cherchent à comprendre comment les talents français se positionnent sur l'échiquier mondial.

1. La France attire — bien plus vite qu'on ne le pense

Le chiffre qui surprend en premier : les embauches de talents français ont progressé de 91,9 % entre 2024 et 2025. Ce n'est pas une tendance, c'est une accélération franche. Et elle dit quelque chose d'important sur la perception internationale du marché français.

Les trois premiers pays qui recrutent des talents basés en France ? Les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Ce podium n'est pas anodin. Il signale que les profils français — souvent plurilingues, bien formés, familiers des normes européennes — sont activement recherchés par des entreprises qui n'hésitent plus à franchir les frontières pour les trouver.

Pour un responsable RH ou un directeur financier qui gère des équipes en France, cela pose une question directe : si vos talents sont aussi désirables à l'international, qu'est-ce qui les retient chez vous ? La rémunération ? La flexibilité ? La marque employeur ? Ignorer cette dynamique, c'est prendre le risque de voir ses meilleurs éléments partir — pas vers un concurrent local, mais vers une entreprise américaine ou néerlandaise qui opère entièrement à distance.

Du côté des entreprises françaises elles-mêmes, la dynamique est tout aussi marquée : +62 % de recrutements entre 2024 et 2025. Un chiffre qui témoigne d'une phase d'expansion active, portée en grande partie par des enjeux d'internationalisation. Et pour preuve, le rapport révèle un basculement presque parfait dans les stratégies d'embauche : 49,5 % des recrutements des entreprises françaises sont locaux, 50,5 % sont réalisés à l'étranger. Le point de bascule est franchi. La moitié des recrutements français se fait hors de France.

Guide gratuit

Guide de l'embaucher à l’international
Découvrez comment constituer vos équipes à l'international grâce à une stratégie de recrutement adaptée.

2. Paris reste un aimant — mais la géographie du travail se reconfigure

Le Deel Global Hiring Report 2026 confirme une tendance observée à l'échelle mondiale : après l'exode post-pandémique vers des zones moins denses, les travailleurs transfrontaliers reviennent progressivement vers les grandes métropoles. La France ne fait pas exception, et Paris s'inscrit parmi les villes qui continuent d'exercer une force d'attraction réelle sur les profils en télétravail.

Ce mouvement de « gravité urbaine » a des implications concrètes pour les entreprises. D'abord, il contredit l'idée reçue selon laquelle le travail à distance libère totalement du facteur géographique. Les salariés en EOR (Employer of Record) restent largement concentrés dans ou autour des grands centres urbains — ce qui signifie que les politiques de recrutement qui misent uniquement sur la dispersion géographique pour réduire les coûts peuvent manquer leur cible.

Ensuite, cela implique que Paris continue de concentrer une densité de compétences rare en Europe. Pour les entreprises qui cherchent à recruter des talents tech francophones ou à attirer des profils seniors en finance, en ingénierie ou en product management, la capitale reste un marché compétitif — avec tout ce que cela implique en matière de benchmarks salariaux et d'avantages sociaux.

3. Les start-up les mieux financées recrutent en France — mais pas pour les raisons qu'on croit

Voilà l'un des enseignements les plus contre-intuitifs du rapport, et il mérite qu'on s'y arrête. Parmi les start-up ayant levé plus de 100 millions de dollars, le recrutement transfrontalier se concentre dans des pays à coût élevé — Royaume-Uni, Canada, Allemagne. Et la France y figure également, représentant un peu plus de 4 % de ces start-up et 2,9 % des embauches EOR de ces mêmes structures.

Ce que cela signifie : ces entreprises ne cherchent pas à faire des économies. Elles cherchent des compétences rares — développeurs logiciels, ingénieurs IA, profils techniques de haut niveau. Le coût n'est pas la variable d'ajustement. C'est l'expertise qui prime.

Pour les DRH et les directions financières en France, cette lecture oblige à revoir certains réflexes. Le débat sur les charges patronales et le coût du travail français — réel, légitime, complexe — ne doit pas masquer une réalité plus structurante : les entreprises les plus dynamiques au monde sont prêtes à recruter en France, précisément parce que la main-d'œuvre y est qualifiée. Ce qui peut freiner, c'est moins le coût que la complexité administrative — la conformité aux règles de paie, la gestion des contrats pour les salariés étrangers, ou encore la maîtrise des autorisations de recrutement international.

Les entreprises françaises qui peinent à attirer ces profils devraient donc se poser la bonne question : est-ce un problème de coût, ou un problème de processus ?

4. Les métiers en croissance : un signal fort pour anticiper les pénuries

Quels sont les postes qui recrutent le plus en mode transfrontalier ? Le rapport identifie les titres à la croissance la plus rapide parmi les contrats EOR actifs : ICT account manager (tech sales), product manager, sales account manager, client relations manager, marketing manager. Ce n'est pas un hasard si on retrouve majoritairement des fonctions commerciales et de pilotage produit.

Du côté des salaires, la croissance est également ciblée. Les trois postes affichant la plus forte progression de rémunération entre 2024 et 2025 sont : Chief Technology Officer (+20,3 %), Marketing Manager (+13,4 %) et Customer Service Representative (+13,3 %). Pour les entreprises françaises qui cherchent à budgétiser leur expansion, ces chiffres ne sont pas anodins — ils indiquent que les profils en tension voient leur valeur marché grimper vite, parfois plus vite que les grilles internes ne le prévoient.

La surprise du rapport ? Le boom des AI trainers. À l'échelle mondiale, ces profils ont connu une croissance de 283 % sur les contrats transfrontaliers en 2025. Plus de 70 000 travailleurs, dans plus de 600 organisations différentes, s'occupent désormais d'annoter des données, d'entraîner des modèles ou de valider des outputs d'IA — avec des niveaux d'expertise très variés, des rémunérations allant de 15 à 75 dollars de l'heure.

Et c'est là qu'apparaît l'une des tensions les plus révélatrices du rapport : dans ces nouveaux métiers censés incarner la rupture technologique, les inégalités salariales de genre reproduisent les schémas anciens. Les hommes sont plus souvent positionnés sur les rôles de software tester AI trainer — mieux rémunérés, proches du quality assurance — quand les femmes se concentrent sur les fonctions de data annotation et de traduction. La répartition globale est de 56 % d'hommes pour 44 % de femmes. Et même à poste équivalent, l'écart de rémunération subsiste. Pour les entreprises qui construisent des politiques d'équité salariale, ce signal mérite d'être pris au sérieux — y compris en France, où les obligations légales en matière d'égalité professionnelle sont parmi les plus strictes d'Europe.

Global Hiring Toolkit
Global Salary Insights
Étudiez et comparez les salaires de référence de différents postes dans + de 120 pays afin de faire des offres compétitives, tout en respectant votre budget.

5. Le contrat freelance, nouvel outil de flexibilité — et de conformité

Les contrats freelance en France ont progressé de 44,5 % entre 2024 et 2025. Une hausse qui reflète à la fois l'essor du travail indépendant et la volonté des entreprises de gagner en agilité dans leurs recrutements. Mais cette flexibilité a un prix : la conformité en matière de recrutement international devient un sujet critique dès lors que les volumes augmentent.

En France, la frontière entre salarié et indépendant est juridiquement encadrée et activement surveillée. Une mauvaise qualification du statut expose l'entreprise à des redressements Urssaf, des risques de requalification et des pénalités significatives. Pour les entreprises qui gèrent à la fois du recrutement local et international, centraliser les données RH et automatiser les déclarations sociales n'est plus une option — c'est une nécessité opérationnelle.

Les entreprises qui se développent à l'international depuis la France doivent également composer avec la question des travailleurs en mobilité et des contrats adaptés aux profils distants. L'Employer of Record s'impose de plus en plus comme la solution pour recruter sans entité locale, en garantissant la conformité locale à chaque étape.

Ce que ces données ne disent pas encore

Les chiffres présentés ici sont une sélection. Le Deel Global Hiring Report 2026 va bien au-delà : tendances de rémunération par secteur, dynamiques de recrutement dans les marchés émergents, évolution des modèles de paiement pour les contractants dans les économies instables, analyse des corridors de recrutement préférentiels par taille d'entreprise.

Ce qui ressort de cette lecture partielle, c'est surtout l'ampleur du décalage qui peut exister entre la perception qu'ont les entreprises du marché français — lourd, coûteux, peu flexible — et la réalité que dessinent les données. La France recrute, attire, et s'internationalise à un rythme que beaucoup n'anticipaient pas. Les directions RH et financières qui continuent de piloter à l'intuition ou sur la base de données vieilles de deux ou trois ans prennent un risque réel : celui de sous-investir là où le marché accélère, ou de surinvestir sur des profils dont la valeur marché a déjà bougé.

Les données, dans ce contexte, ne sont pas un luxe analytique. Elles sont un outil de décision. Savoir que les CTO voient leur rémunération progresser de 20 % en un an, que la moitié des recrutements français se fait désormais hors de France, ou que les contrats de freelances explosent — ce sont des signaux qui doivent alimenter les arbitrages budgétaires, les politiques de rétention et les stratégies d'expansion.

Pour les équipes RH et finance qui pilotent des stratégies d'embauche en France ou depuis la France, disposer de ces données dans leur intégralité change la nature des décisions à prendre — sur les budgets, sur les profils à prioriser, sur les marchés à explorer.

Le rapport complet est disponible en anglais ici : Deel Global Hiring Report 2026

Les données couvertes dans cet article en sont un aperçu. La lecture complète du rapport vous permettra d'aller plus loin sur chaque axe — et d'aborder 2026 avec une longueur d'avance sur vos marchés cibles.

Si Deel vous donne accès à des informations exclusives, la plateforme vous permet, avant tout, de simplifier la paie, la conformité et de vous recentrer sur l’essentiel : vos collaborateurs. Découvrez comment Deel s’intègre à votre entreprise en toute fluidité en réservant votre démo.