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Visa travail France : ce que les RH doivent savoir en 2026
Immigration

Auteur
Alan Price
Dernière mise à jour
08 avril, 2026

Table of Contents
Ce qui a changé en juin 2025 : le télétravail en visa visiteur, c'est fini
Les risques concrets pour les employeurs
À qui s'applique cette interdiction et à qui elle ne s'applique pas
Les alternatives : Passeport Talent, French Tech Visa et EU Blue Card
Ce que les équipes RH doivent faire maintenant
Comment un EOR simplifie la mise en conformité en France
La conformité n'est plus optionnelle
Points clés à retenir:
- Depuis juin 2025, tout télétravail depuis la France sous visa visiteur est explicitement interdit. La zone grise a disparu et les préfectures refusent déjà des renouvellements.
- Les employeurs s'exposent à des amendes pouvant atteindre 18 750 € par salarié non autorisé, sans compter les risques d'établissement stable et les obligations de cotisations sociales.
- Des alternatives existent et sont bien balisées : Passeport Talent, French Tech Visa, EU Blue Card, à condition d'anticiper au moins trois mois avant l'expiration du visa en cours.
Ce qui a changé en juin 2025 : le télétravail en visa visiteur, c'est fini
Pendant des années, la question du salarié étranger qui travaillait depuis Paris pour le compte de son employeur basé à Berlin, Londres ou New York relevait d'un angle mort juridique confortable. Les textes existaient, certes, mais l'application restait floue. Nombre d'entreprises internationales s'appuyaient tacitement sur cette tolérance, tout comme leur équipe RH.
En juin 2025, une circulaire conjointe des ministères de l'Intérieur et des Finances a mis fin à toute ambiguïté : toute activité de travail à distance depuis le territoire français constitue une activité professionnelle au sens de l'article L426-20 du CESEDA. Ce texte définit les conditions d'attribution du visa visiteur et le travail rémunéré, quelle que soit la nationalité de l'employeur ou la localisation du client, n'en fait pas partie. Concrètement, ce n'est pas tant la loi qui a changé que son interprétation et, surtout, son application. Plusieurs préfectures ont déjà refusé des demandes de renouvellement de VLS-TS visiteur à des ressortissants étrangers dont l'activité professionnelle avait été identifiée.
Ce changement touche directement les entreprises qui ont intégré le recrutement global en télétravail dans leur stratégie de croissance, notamment celles qui ont profité de la flexibilité post-Covid, pour attirer des talents internationaux sans ouvrir d'entité locale. La France ne dispose toujours pas, en 2026, d'un visa « digital nomad » dédié : les travailleurs nomades et leurs employeurs ne peuvent donc pas se replier sur un statut alternatif simplifié.
Ce changement n'est pas anodin. Il oblige les entreprises à revoir leur politique de mobilité internationale, notamment pour les collaborateurs en poste depuis la France sans contrat local.
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Les risques concrets pour les employeurs
Quand on parle de conformité visa, on pense souvent au risque individuel pour le salarié. Le risque employeur est au moins aussi sérieux et souvent sous-estimé.
- Amendes administratives. En application des règles de sanction employeur du CESEDA, recruter ou maintenir en poste un salarié sans autorisation de travail valide expose l'entreprise à une amende de 5 000 fois le taux horaire du SMIC par travailleur concerné, soit jusqu'à 18 750 € par personne. Et ce montant peut être multiplié si plusieurs collaborateurs sont dans la même situation.
- Risque d'établissement stable. Dès lors qu'un salarié basé en France dépasse 183 jours sur le territoire au cours d'une année fiscale tout en étant rémunéré à l'étranger, l'entreprise s'expose à un risque de requalification en établissement stable avec toutes les conséquences fiscales que cela implique : impôt sur les sociétés, TVA locale, obligations déclaratives.
- Obligations de sécurité sociale. Le passage d'un visa visiteur à un titre de séjour travailleur déclenche une affiliation obligatoire au régime général français. Si cette transition n'est pas anticipée, l'entreprise peut se retrouver à devoir régulariser des cotisations a posteriori avec pénalités.
- Risque opérationnel. Le scénario qui préoccupe le plus les DRH : un salarié clé, en plein projet critique, se voit refuser le renouvellement de son titre et doit quitter le territoire. Perte de continuité, frais de relocalisation en urgence, et parfois départ définitif du collaborateur. Ce type de situation illustre pourquoi les risques de conformité liés aux freelances et travailleurs internationaux méritent d'être traités en amont, pas en réaction.
Le risque se matérialise au moment où le salarié interagit avec les administrations françaises : renouvellement de titre, ouverture d'un compte bancaire, inscription à la sécurité sociale, recours au système de soins.
À qui s'applique cette interdiction et à qui elle ne s'applique pas
Avant de déclencher un audit interne, il est utile de délimiter précisément le périmètre concerné.
L'interdiction s'applique à :
- Tout ressortissant non-UE/EEE titulaire d'un VLS-TS mention « visiteur » qui exerce une activité professionnelle depuis la France, même pour le compte d'un employeur étranger, même en facturant des clients hors de France.
- Les travailleurs en visa Schengen court séjour (moins de 90 jours) qui travaillent depuis la France : cette pratique n'a jamais été légale, la circulaire de 2025 ne fait que renforcer son application.
L'interdiction ne s'applique pas à :
- Les ressortissants UE/EEE, qui bénéficient de la libre circulation et peuvent travailler en France sans autorisation spécifique.
- Les titulaires d'un Passeport Talent, d'une EU Blue Card, ou d'un statut Profession Libérale en cours de validité.
- Les séjours touristiques courts (moins de 90 jours) sans activité professionnelle.
Pour vérifier rapidement le statut des collaborateurs présents en France, notre article sur les outils de vérification de visa salarié propose une méthode structurée d'audit.
Les alternatives : Passeport Talent, French Tech Visa et EU Blue Card
La bonne nouvelle, c'est qu'il existe des voies claires et structurées pour régulariser la situation ou pour anticiper les prochains recrutements en France. Voici les trois principales.
Passeport Talent - Salarié qualifié
C'est la voie la plus accessible pour les entreprises qui souhaitent embaucher un salarié étranger en France. Le candidat doit justifier d'un diplôme de niveau master (ou équivalent) et d'un contrat de travail avec une entreprise établie en France. Le salaire brut minimum requis est de 39 582 € annuels (seuil 2026).
Ce titre est valable jusqu'à quatre ans, renouvelable, et couvre également les membres de la famille (conjoint et enfants). Il n'y a pas de demande d'autorisation de travail distincte : le titre de séjour vaut autorisation. Notre guide complet sur le Passeport Talent détaille les pièces justificatives à réunir et les délais à anticiper.
Délai de traitement moyen : trois mois à compter du dépôt du dossier complet.
French Tech Visa (volet salarié)
Il s'agit d'une déclinaison simplifiée du Passeport Talent, réservée aux salariés d'entreprises reconnues comme innovantes. Pour que l'entreprise soit éligible, elle doit remplir l'un des trois critères suivants : bénéficier d'un soutien public à l'innovation (BPI, régions…), être financée par des fonds de capital-risque reconnus, ou être accompagnée par une structure labellisée (incubateur, accélérateur agréé).
Le processus est simplifié par rapport au Passeport Talent standard, avec un accompagnement via le guichet La French Tech. C'est une option particulièrement adaptée aux scale-ups et startups à croissance rapide qui recrutent des talents internationaux.
EU Blue Card
L'EU Blue Card s'adresse aux ressortissants non-UE titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur (minimum trois ans d'études) et d'une offre d'emploi en France répondant à des seuils salariaux définis.
Depuis mai 2026, la grille tarifaire des titres de séjour a été révisée. Comptez entre 150 et 350 €, selon le type de titre demandé, un paramètre à intégrer dans les budgets de mobilité.
Dans tous les cas, le basculement vers un titre de séjour travailleur implique une affiliation au régime de sécurité sociale française, avec les obligations qui en découlent, y compris en matière de congés payés et arrêts maladie selon le droit du travail local. L'entreprise doit anticiper ces obligations dès le lancement de la procédure, et non au moment de la délivrance du titre.
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Ce que les équipes RH doivent faire maintenant
Voici la marche à suivre.
- Auditer les effectifs présents en France. Identifier tous les collaborateurs non-UE/EEE basés en France, quel que soit leur contrat. Vérifier la nature de leur titre de séjour actuel et sa date d'expiration.
- Notifier formellement les collaborateurs concernés. Toute personne titulaire d'un VLS-TS visiteur doit être informée par écrit qu'elle ne peut pas continuer à exercer son activité professionnelle depuis la France sous ce statut. Ce point est important d'un point de vue de responsabilité employeur.
- Provisionner le budget immigration avant le prochain cycle de renouvellement. Frais de dossier (150 à 350 € par titre), honoraires de conseil en immigration si externalisé, et coût des démarches administratives associées (apostille, casier judiciaire, traductions certifiées).
- Coordonner les équipes fiscales et RH. Le risque d'établissement stable est un sujet fiscal autant que RH. Il faut aligner les deux équipes ou faire remonter le sujet à la direction financière si ce n'est pas encore le cas.
- Déposer les dossiers au moins trois mois avant l'expiration du titre en cours. Les délais de traitement en préfecture ne s'améliorent pas. Mieux vaut anticiper que se retrouver dans un vide statutaire.
- Préparer les pièces justificatives en amont. Les dossiers Passeport Talent et French Tech Visa exigent des documents apostillés (diplômes, actes d'état civil), un extrait de casier judiciaire et des traductions certifiées. Ces démarches prennent du temps, notamment pour des ressortissants dont les documents sont émis hors de l'UE.
- Vérifier le niveau de français requis. Pour certains titres longs, le niveau A2 en français est désormais exigé. À intégrer dans les conditions de recrutement ou les programmes d'accompagnement proposés aux collaborateurs.
Notre guide RH sur l'expatriation et la mobilité globale couvre l'ensemble du processus, de la préparation du dossier jusqu'à l'intégration locale.
Comment un EOR simplifie la mise en conformité en France
Pour beaucoup d'entreprises internationales, le vrai obstacle est d'avoir la capacité opérationnelle pour gérer le cadre légal en interne : entité juridique locale, gestion des dossiers préfectoraux, inscription à l'URSSAF, administration de la paie française.
C'est précisément là qu'un Employer of Record (EOR) change la donne.
Avec un EOR comme Deel, l'entreprise n'a pas besoin d'ouvrir une entité en France pour employer légalement un collaborateur. Deel agit comme employeur de droit local : elle prend en charge le contrat de travail conforme au droit français, l'inscription à la sécurité sociale, la gestion de la paie et des charges, ainsi que l'administration des avantages sociaux légaux.
Sur le volet immigration, Deel Immigration accompagne les entreprises dans le parrainage de visa dans des pays où elles n'ont aucune présence légale :
Deel Immigration a rendu possible le parrainage de visas dans des pays où nous n'avons aucune présence légale, une chose que nous n'aurions jamais pu gérer par nous-mêmes. Savoir que Deel s'occupe de la conformité locale et des exigences légales nous donne la confiance nécessaire pour nous développer [...] sans aucune hésitation.
—Rebecca Neal,
Responsable des opérations RH chez Keyrock
Et pour les équipes RH qui craignent de perdre un collaborateur clé à cause d'une problématique de visa, ce type d'accompagnement a une valeur certaine :
Perdre un candidat ou être bloqué à l'étape de l'offre parce que nous ne pouvons pas soutenir ses besoins en matière de visa ou d'immigration est vraiment difficile... Deel nous offre la tranquillité d'esprit de savoir que face à ces problématiques de visas, l'employé recevra tout le soutien dont il a besoin.
—Leanne Schofield,
DRH chez Form3.
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La conformité n'est plus optionnelle
La France a fermé la porte à une pratique que beaucoup d'entreprises internationales considéraient comme acquise. Le visa visiteur ne peut plus servir de solution de facilité pour les collaborateurs en télétravail.
Les alternatives existent, elles sont bien structurées et les délais sont connus. Le défi est désormais opérationnel : identifier les personnes concernées, lancer les démarches à temps, et s'assurer que le passage vers un titre de travail est piloté sans rupture de continuité.
Les entreprises qui anticipent cette transition aujourd'hui éviteront les mises en demeure, les amendes et les départs forcés de demain. Celles qui attendent la prochaine expiration de visa pour agir prendront un risque qu'aucun DRH sérieux ne devrait prendre.
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Alan Price est le Directeur du recrutement des talents chez Deel. Il supervise les équipes de recrutement dans les régions Amériques, EMEA et APAC. Avant de rejoindre Deel, Alan a été membre fondateur de l’entreprise de micromobilité Dott, où il occupait le poste de Vice-Président des Ressources Humaines. Il a également occupé des postes de direction chez Uber et Google.













