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Télétravail Suisse-France : nouvelles règles 2026
Embauche à l'international

Auteur
L'équipe Deel
Dernière mise à jour
27 avril, 2026

Points à retenir
- Depuis le 1er janvier 2026, l'avenant à la convention fiscale France-Suisse instaure un seuil de 40 % pour le télétravail des frontaliers.
- Le seuil fiscal (40 %) et le seuil social (49,9 %) ne sont pas les mêmes : c'est la confusion la plus fréquente et la plus coûteuse.
- Pour les entreprises qui veulent recruter de l'autre côté de la frontière, un EOR comme Deel est la solution la plus simple.
Plus de 200 000 frontaliers traversent chaque jour la frontière entre la France et la Suisse. Mais cela entraine une complexité réglementaire croissante que les employeurs ne peuvent plus ignorer.
Depuis le 1er janvier 2026, l'avenant à la convention fiscale France-Suisse de 1966 est entré en vigueur. Il instaure un cadre permanent pour le télétravail Suisse-France, avec des seuils clairs, des obligations déclaratives renforcées et des risques réels en cas de dépassement. Ce guide couvre deux angles : les règles à appliquer si vous gérez des frontaliers, et une alternative pour ceux qui veulent recruter de l'autre côté de la frontière sans la complexité qui va avec.
Les règles du télétravail Suisse-France en 2026
Qui est concerné ?
L'avenant s'applique aux salariés frontaliers résidant en France et employés en Suisse, dans les cantons concernés par l'accord : Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura, Berne, Soleure, Bâle-Ville et Bâle-Campagne, notamment. Il concerne aussi les entreprises françaises dont certains salariés effectuent des missions régulières en Suisse.
En revanche, sont exclus du dispositif : les travailleurs indépendants, les salariés pluriactifs et ceux ayant plusieurs employeurs.
Le volet fiscal : le seuil de 40 %
Un frontalier peut télétravailler depuis la France jusqu'à 40 % de son temps de travail annuel : l'impôt reste perçu en Suisse. Ce seuil intègre également jusqu'à 10 jours de missions temporaires effectuées en France ou dans un État tiers.
Au-delà de 40 %, chaque jour excédentaire devient imposable en France.
Point important pour les employeurs : un échange automatique de données salariales entre administrations françaises et suisses est prévu, avec une première transmission en 2027.
Le volet social : le seuil de 49,9 %
Dans le cadre de l'accord-cadre multilatéral, un frontalier peut télétravailler jusqu'à 49,9 % de son temps sans basculer vers le régime social français. Pour en bénéficier, une condition : obtenir et maintenir une attestation A1 via la plateforme ALPS.
Au-delà de 49,9 %, l'ensemble de l'activité du salarié bascule sous le régime social français — avec des cotisations potentiellement rétroactives à la clé.
La confusion entre les deux seuils est la plus fréquente sur le terrain : 40 % pour le fiscal, 49,9 % pour le social. Entre les deux, le salarié est socialement couvert en Suisse, mais fiscalement exposé en France pour les jours excédentaires. C'est ce qu'on appelle la zone à risque.

Les trois zones à connaître
| Taux de télétravail | Fiscalité | Sécurité sociale | Démarches |
|---|---|---|---|
| < 25 % | Reste en Suisse | Reste en Suisse | Aucune |
| 25 % – 40 % | Reste en Suisse | Reste en Suisse | Demander l'A1 via ALPS |
| 40 % – 49,9 % | Jours > 40 % imposés en France | Reste en Suisse (avec A1) | A1 + suivi fiscal + déclaration |
| > 49,9 % | Jours > 40 % imposés en France | Bascule TOTALE en France | Affiliation CPAM + déclarations France |
Message clé : entre 40 % et 49,9 %, vous êtes dans la zone à risque — socialement OK, mais fiscalement exposé.
Nouvelles obligations pour les employeurs dès 2026
- Suivi précis des jours télétravaillés par salarié, via un système de pointage ou de déclaration mensuelle.
- Registre nominatif mis à jour en temps réel, conservé au moins 5 ans.
- Déclaration annuelle à l'Administration fédérale des contributions (première transmission : janvier 2027, pour l'année 2026).
- Certificat de fin d'activité en cas de départ d'un salarié en cours d'année, mentionnant le taux de télétravail et les jours de mission en France ou dans des États tiers.
- Mise à jour des contrats de travail avec une clause explicite sur la limite des 40 % et les 10 jours de missions autorisés.
Ces obligations s'appliquent dès l'exercice 2026 — la première année de référence pour les contrôles à venir.

Risques en cas de non-conformité
- Requalification fiscale rétroactive : les jours excédentaires sont imposés en France, parfois sur plusieurs années.
- Bascule de sécurité sociale : cotisations françaises dues rétroactivement si le seuil de 49,9 % est dépassé.
- Contrôles fiscaux conjoints Suisse-France possibles dès 2027, grâce à l'échange automatique de données.
- Risque d'établissement stable pour l'employeur si le télétravail n'est pas correctement documenté.
Pour les entreprises qui gèrent plusieurs frontaliers, l'absence de process de suivi n'est plus une option acceptable.

L'alternative : recruter de l'autre côté de la frontière avec un EOR
Pourquoi la complexité transfrontalière pousse les entreprises vers l'EOR
Gérer des frontaliers, c'est accepter une charge administrative permanente : suivi quotidien du télétravail Suisse-France, gestion de l'attestation A1, déclarations fiscales croisées, double veille réglementaire. Pour une entreprise suisse qui veut embaucher 1 à 5 personnes en France — ou une entreprise française qui cible la Suisse — cette complexité est souvent disproportionnée par rapport à l'enjeu.
Et si vous embauchiez simplement un salarié dans son pays de résidence via un Employer of Record ?
Entreprise suisse → recruter en France avec Deel EOR
Scénario : une start-up genevoise veut embaucher un développeur senior basé à Lyon. Pas un frontalier — un salarié 100 % France.
Avec l’EOR, le salarié est embauché en France via l'entité locale de Deel. Contrat conforme au droit français, paie française gérée intégralement — cotisations sociales, URSSAF, prélèvement à la source. Aucun seuil de télétravail Suisse-France à surveiller, aucune attestation A1, aucun risque de bascule fiscale ou sociale.
L'entreprise genevoise garde le contrôle opérationnel au quotidien. Deel gère tout le reste.
Avantages concrets :
- Accès au vivier de talents français sans complexité frontalière.
- Coût salarial généralement inférieur aux standards suisses pour des profils comparables.
- Conformité totale dès le jour 1, onboarding en quelques jours.
Pour situer les niveaux de rémunération, notre guide sur le salaire moyen en Suisse donne un aperçu utile des écarts selon les profils et les cantons.
Entreprise française → recruter en Suisse avec Deel EOR
Scénario : une scale-up parisienne veut embaucher un country manager basé à Zurich pour développer le marché DACH.
Deel EOR embauche le salarié en Suisse via son entité locale, avec un contrat conforme au droit suisse : salaires minimums cantonaux, AVS/AI/APG, LPP, assurance accidents. La paie suisse est gérée intégralement — cotisations sociales, pilier 2, impôt à la source cantonal. Pas besoin de créer une SÀRL ou une SA en Suisse : Deel est l'employeur légal.
Avantages concrets :
- Présence commerciale en Suisse sans les coûts et délais de création d'entité (une SÀRL à Genève : plus de 20 000 CHF et plusieurs semaines de démarches).
- Accès au marché DACH via un salarié ancré localement.
- Conformité avec les spécificités cantonales — Genève, Zurich et Vaud n'ont pas les mêmes règles.

Modèle frontalier ou Deel EOR : comment choisir ?
| Situation | Recommandation |
|---|---|
| Le salarié travaille principalement dans les locaux de l'employeur | Modèle frontalier classique (suivre les règles sections 1–6) |
| Le salarié travaille principalement depuis son pays de résidence | EOR dans le pays de résidence |
| Taux de télétravail < 40 % | Modèle frontalier avec suivi fiscal |
| Taux de télétravail > 40 % | EOR — pour éliminer la complexité |
Le modèle frontalier reste pertinent quand le salarié travaille principalement dans les locaux de l'employeur. Dès que le télétravail devient significatif — au-delà de 40 % — l'EOR est souvent la solution la plus simple et la plus sûre.
Que vous soyez une entreprise suisse qui veut recruter en France, ou une entreprise française qui cible la Suisse, Deel gère le contrat, la paie, les cotisations et la conformité locale dans les deux pays.
Réservez une démo pour découvrir comment Deel EOR simplifie le recrutement entre la France et la Suisse.
FAQs
Quel est le seuil de télétravail autorisé pour un frontalier franco-suisse en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, un frontalier peut télétravailler jusqu'à 40 % de son temps de travail annuel depuis la France sans changement d'imposition. Ce seuil inclut jusqu'à 10 jours de missions temporaires en France ou dans un État tiers.
Quelle est la différence entre le seuil fiscal (40 %) et le seuil social (49,9 %) ?
Le seuil fiscal de 40 % détermine à partir de quand les jours télétravaillés deviennent imposables en France. Le seuil social de 49,9 % détermine, lui, à partir de quand l'ensemble de l'activité bascule sous le régime de sécurité sociale français.
Quelles sont les nouvelles obligations déclaratives pour les employeurs suisses en 2026 ?
Les employeurs doivent mettre en place un suivi précis des jours télétravaillés par salarié, tenir un registre nominatif à jour, conserver les justificatifs 5 ans, et transmettre une déclaration annuelle.
Que se passe-t-il si mon salarié dépasse le seuil de 40 % de télétravail ?
Les jours excédentaires sont imposés en France, potentiellement de manière rétroactive.
Une entreprise suisse peut-elle embaucher un salarié en France sans créer d'entité ?
Oui, via un Employer of Record comme Deel.
Une entreprise française peut-elle embaucher un salarié en Suisse via un EOR ?
Oui. EOR embauche le salarié en Suisse via son entité locale, avec un contrat conforme au droit suisse et aux spécificités cantonales.
Quand est-il préférable d'utiliser un EOR plutôt que le modèle frontalier classique ?
L'EOR est recommandé dès que le salarié travaille principalement depuis son pays de résidence, ou dès que le taux de télétravail dépasse 40 %.
Deel gère-t-il les spécificités cantonales suisses ?
Oui. Deel applique les règles propres à chaque canton.














